J'arrive a Phnom Penh. Je crois que mon malaise est du au trajet. Apres tout, qui s'inquiete de tomber dans les pommes a 24 heures de transport d'un hopital digne de ce nom quand il a a sa disposition des herbes miracles et des infusions magiques ?
48 heures plus tard, je vais mieux et peux quitter mon lit de backpacker (a choisir, je prefere l'option backpacker ou les crepes bananes chocolat me remontent un peu le moral, a l'option hopital de Phnom Penh en lequel je n'ai qu'une confiance relative). Je décide alors de visiter la ville. C'est le principe des voyages d'ailleurs, non ? Visiter ?
Et la...choc ! S21. Pas pret. Trop tot. Trop jeune. Trop affreux. Le plus traumatisant ? Cette piece vide, dont les murs sont recouverts des photos des portraits des gens retenus prisonniers dans cet établissement. Plus de 95% y sont restés, morts dans des conditions qu'on aimerait ne meme pas pouvoir imaginer. (D'ailleurs, le peut on ?)
Je décide de rendre visite a un ami histoire de me changer les idées. Il travaille pour une association humanitaire : PSE, "Pour le Sourire d'un Enfant". Et la, rechoc ! Les enfants dont s'occupe l'association vivent dans une décharge, et avant d'intégrer le centre, ils récupéraient les bouteilles en plastique aux ordures pour les revendre sur les marchés et ramener un peu d'argent a leurs parents. La plupart sont battus, violés, vivent dans des conditions misérables. Au centre, ils sourient, jouent au basket, dessinent des maisons avec un soleil bien rond, et un ciel bien délimité par un trait bien bleu. Le soir, ils rentrent chez eux, et on ne veut pas savoir.
Il ne me restait qu'une chose a faire : partir.
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