Friday, December 19, 2008
Part 18 - Mangez du Riz !
Authentique, en Vietnamien, pour dire "A table !", on s'écrie : "Mangez du riz !" Apres quelques semaines passées ici, un anglophone dirait que "ca fait du sens". En effet, le cliché n'a de cliché que son implacable vérité : l'alimentation principale de tout un continent réside bel et bien en de tout petits grains blancs anodins. C'est mignon un jour, c'est meme bon souvent. Mais le trop est l'ennemi du bien. Et Mc Do devient soudainement une option aléchante. Et puis, c' est quoi cette manie de mettre de la coriandre partout ? Non, vraiment, c' est triste : jamais je n'aurais cru que Ronald puisse etre mon meilleur ami d'un jour.
Thursday, December 18, 2008
Part 17 - Bip
Une seule regle a prendre en compte sur les routes de France : la fameuse loi du gendarme. "Y'a un radar, je ralentis. Y'en a pas, je fonce, j'suis a la bourre."
Au Vietnam aussi, une seule loi sur les routes. A peine differente. On peut l'appeler la loi du plus fort. Plus le vehicule est gros, plus le conducteur est en sécurité, et plus il a la priorité. C'est assez logique en fait. Autant dire qu'il n'est pas bon etre pieton. Ou cycliste. Ou comme c'est mon cas le plus souvent, motard (enfin "conducteur de pétrolette" serait plus exact).
De cette loi découlent des corollaires intéressants. Le premier est le suivant : "tout est bon pour paraitre plus gros". Qui de son cochon trainé a l'arriere de sa mobilette ? Qui de ses échaffaudages larges comme la rue en équilibre sur le guidon ? Qui de toute sa famille ainsi que de sa belle famille qui tient on ne sait trop comment sur une 125 ? Le vietnamien fait preuve d'une imagination débordante pour s'octroyer le droit de passer avant les autres.
Corollaire 2 : "si je n'utilise pas le klaxon, je n'existe pas". Le klaxon est un peu l'arme secrete du plus petit qui va se faire écraser. Il dit d'une voix plaintive : "oui, pardon, je sais, j'ai tort, je suis plus petit, mais dans ton humble bonté, pourrais tu m'épargner ? Sache que je suis juste a ta droite...a ta gauche...a ta droite...derriere toi...". Enfin, ca, c'est moi qui traduis. Dans la réalite ca donne un doux "BIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIIIP..." incessant.
Corollaire 3 : "On conduit a droite, on conduit a gauche, on conduit ou on veut". Aussi surprenant que cela puisse paraitre, il n'est pas rare de se trouver nez a nez avec un vehicule arrivant a contre sens. C'est la que la loi du plus fort et le corollaire 2 prennent véritablement leur sens.
On devine ainsi aisément que tout Ho Chi Minh City est en fait un immense rond point Charles de Gaulle - Etoile a l'echelle d'une ville de sept millions d'habitants.
Et moi de fuir cette folie...
Au Vietnam aussi, une seule loi sur les routes. A peine differente. On peut l'appeler la loi du plus fort. Plus le vehicule est gros, plus le conducteur est en sécurité, et plus il a la priorité. C'est assez logique en fait. Autant dire qu'il n'est pas bon etre pieton. Ou cycliste. Ou comme c'est mon cas le plus souvent, motard (enfin "conducteur de pétrolette" serait plus exact).
De cette loi découlent des corollaires intéressants. Le premier est le suivant : "tout est bon pour paraitre plus gros". Qui de son cochon trainé a l'arriere de sa mobilette ? Qui de ses échaffaudages larges comme la rue en équilibre sur le guidon ? Qui de toute sa famille ainsi que de sa belle famille qui tient on ne sait trop comment sur une 125 ? Le vietnamien fait preuve d'une imagination débordante pour s'octroyer le droit de passer avant les autres.
Corollaire 2 : "si je n'utilise pas le klaxon, je n'existe pas". Le klaxon est un peu l'arme secrete du plus petit qui va se faire écraser. Il dit d'une voix plaintive : "oui, pardon, je sais, j'ai tort, je suis plus petit, mais dans ton humble bonté, pourrais tu m'épargner ? Sache que je suis juste a ta droite...a ta gauche...a ta droite...derriere toi...". Enfin, ca, c'est moi qui traduis. Dans la réalite ca donne un doux "BIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIP... BIIIIIIIIIIIIIP..." incessant.
Corollaire 3 : "On conduit a droite, on conduit a gauche, on conduit ou on veut". Aussi surprenant que cela puisse paraitre, il n'est pas rare de se trouver nez a nez avec un vehicule arrivant a contre sens. C'est la que la loi du plus fort et le corollaire 2 prennent véritablement leur sens.
On devine ainsi aisément que tout Ho Chi Minh City est en fait un immense rond point Charles de Gaulle - Etoile a l'echelle d'une ville de sept millions d'habitants.
Et moi de fuir cette folie...
Part 16 - C'est Con !
Saigon donc, toujours. Lee, le portier du backpacker ou je passe quelques nuits, enchaine nuits blanches sur nuit blanches pour essayer de m'apprendre a jouer aux échecs chinois. C'est que si ca y ressemble, ca n'a fondamentalement rien a voir avec les échecs "normaux". Difficile d'avoir des reflexes pour voir venir les coups dangereux. Impossible d'anticiper un mat. Bref, manque d'adaptation a la culture. D'un commun accord, Lee me laisse finalement remporter une partie, le matin de la 4e nuit, et je peux sereinement décider de ne plus retoucher a un échiquier chinois de ma vie : j'ai vaincu un local !
C'est quelque chose qui me caracterise assez, ce coté compétitif, ce penchant pour aller jusqu'au bout des...
C'est quelque chose qui me caracterise assez, ce coté compétitif, ce penchant pour aller jusqu'au bout des...
Part 15 - Idée bis
Ecrire.
Oui bon, je sais, le lecteur que vous etes est décu. Apres 15 posts, vous vous doutiez bien qu'a un moment ou a un autre, j'avais pris la décision d'écrire...
"On peut tromper une fois mille personnes, on peut tromper mille fois une personne, mais on ne peut pas tromper mille fois mille personnes"
Oui bon, je sais, le lecteur que vous etes est décu. Apres 15 posts, vous vous doutiez bien qu'a un moment ou a un autre, j'avais pris la décision d'écrire...
"On peut tromper une fois mille personnes, on peut tromper mille fois une personne, mais on ne peut pas tromper mille fois mille personnes"
Wednesday, December 17, 2008
Part 14 - Oh ! Chie... Mine
Je n'ai pas été tres honnete avec les massages Thailandais. Je le reconnais. Maintenant que je connais les massages vietnamiens, je vais rendre a César ce qui appartient a César. Je préfere les pressions thais sur les points névralgiques aux coups de semonces aléatoires viets, mains jointes, dans un tactactac exaspérant.
Me voila donc a Ho Chi Minh City, ex Saigon. Il est temps pour moi de me demander ce que je fais la. Non, parce que ne pas travailler, c'est une chose. Voyager également. Mais il s'agit de trouver du sens quelque part. Et j'ai eu beau chercher a quatre pattes au fond des tunnels de Cu Chi ou me repentir dans une église Cao Daiste sur la voie de Victor Hugo, je n'en ai pas encore trouvé. A ma décharge, il faut avouer qu'il est difficile de trouver quoi que ce soit se rapprochant a du sens dans une eglise Cao Daiste. Du kitch, ca oui, on en trouve. A foison. Mais du sens...
Je ne suis pas contre le principe d'une Odyssée. Au contraire. J'ai toujours adoré la mythologie grecque. Mais Ulysse, lui, il a un but. Rentrer chez lui. Et retrouver sa femme a l'occasion. Comme j'ai déja eu l'occasion de le signifier, je ne rentre pas dans cette case non plus. Pas de femme. Pas de patrie. Enfin si, la France quand meme un petit peu, mais vous avouerez qu'aujourd'hui, c'est dur d'y croire. (c'est le genre de phrase atemporel et apolitique passe-partout pour laquelle il est difficile de résister apres une heure passée au bistro d'en bas autour d'un demi...)
Et c'est donc la, a Ho Chi Minh, alors que j'enchaine tant bien que mal une serie de quatre coups victorieux au billard francais contre un adversaire avec lequel je ne partage pas meme la langue, juste la queue, que me vint l'idée.
Me voila donc a Ho Chi Minh City, ex Saigon. Il est temps pour moi de me demander ce que je fais la. Non, parce que ne pas travailler, c'est une chose. Voyager également. Mais il s'agit de trouver du sens quelque part. Et j'ai eu beau chercher a quatre pattes au fond des tunnels de Cu Chi ou me repentir dans une église Cao Daiste sur la voie de Victor Hugo, je n'en ai pas encore trouvé. A ma décharge, il faut avouer qu'il est difficile de trouver quoi que ce soit se rapprochant a du sens dans une eglise Cao Daiste. Du kitch, ca oui, on en trouve. A foison. Mais du sens...
Je ne suis pas contre le principe d'une Odyssée. Au contraire. J'ai toujours adoré la mythologie grecque. Mais Ulysse, lui, il a un but. Rentrer chez lui. Et retrouver sa femme a l'occasion. Comme j'ai déja eu l'occasion de le signifier, je ne rentre pas dans cette case non plus. Pas de femme. Pas de patrie. Enfin si, la France quand meme un petit peu, mais vous avouerez qu'aujourd'hui, c'est dur d'y croire. (c'est le genre de phrase atemporel et apolitique passe-partout pour laquelle il est difficile de résister apres une heure passée au bistro d'en bas autour d'un demi...)
Et c'est donc la, a Ho Chi Minh, alors que j'enchaine tant bien que mal une serie de quatre coups victorieux au billard francais contre un adversaire avec lequel je ne partage pas meme la langue, juste la queue, que me vint l'idée.
Part 13 - Pomme / Peine
J'arrive a Phnom Penh. Je crois que mon malaise est du au trajet. Apres tout, qui s'inquiete de tomber dans les pommes a 24 heures de transport d'un hopital digne de ce nom quand il a a sa disposition des herbes miracles et des infusions magiques ?
48 heures plus tard, je vais mieux et peux quitter mon lit de backpacker (a choisir, je prefere l'option backpacker ou les crepes bananes chocolat me remontent un peu le moral, a l'option hopital de Phnom Penh en lequel je n'ai qu'une confiance relative). Je décide alors de visiter la ville. C'est le principe des voyages d'ailleurs, non ? Visiter ?
Et la...choc ! S21. Pas pret. Trop tot. Trop jeune. Trop affreux. Le plus traumatisant ? Cette piece vide, dont les murs sont recouverts des photos des portraits des gens retenus prisonniers dans cet établissement. Plus de 95% y sont restés, morts dans des conditions qu'on aimerait ne meme pas pouvoir imaginer. (D'ailleurs, le peut on ?)
Je décide de rendre visite a un ami histoire de me changer les idées. Il travaille pour une association humanitaire : PSE, "Pour le Sourire d'un Enfant". Et la, rechoc ! Les enfants dont s'occupe l'association vivent dans une décharge, et avant d'intégrer le centre, ils récupéraient les bouteilles en plastique aux ordures pour les revendre sur les marchés et ramener un peu d'argent a leurs parents. La plupart sont battus, violés, vivent dans des conditions misérables. Au centre, ils sourient, jouent au basket, dessinent des maisons avec un soleil bien rond, et un ciel bien délimité par un trait bien bleu. Le soir, ils rentrent chez eux, et on ne veut pas savoir.
Il ne me restait qu'une chose a faire : partir.
48 heures plus tard, je vais mieux et peux quitter mon lit de backpacker (a choisir, je prefere l'option backpacker ou les crepes bananes chocolat me remontent un peu le moral, a l'option hopital de Phnom Penh en lequel je n'ai qu'une confiance relative). Je décide alors de visiter la ville. C'est le principe des voyages d'ailleurs, non ? Visiter ?
Et la...choc ! S21. Pas pret. Trop tot. Trop jeune. Trop affreux. Le plus traumatisant ? Cette piece vide, dont les murs sont recouverts des photos des portraits des gens retenus prisonniers dans cet établissement. Plus de 95% y sont restés, morts dans des conditions qu'on aimerait ne meme pas pouvoir imaginer. (D'ailleurs, le peut on ?)
Je décide de rendre visite a un ami histoire de me changer les idées. Il travaille pour une association humanitaire : PSE, "Pour le Sourire d'un Enfant". Et la, rechoc ! Les enfants dont s'occupe l'association vivent dans une décharge, et avant d'intégrer le centre, ils récupéraient les bouteilles en plastique aux ordures pour les revendre sur les marchés et ramener un peu d'argent a leurs parents. La plupart sont battus, violés, vivent dans des conditions misérables. Au centre, ils sourient, jouent au basket, dessinent des maisons avec un soleil bien rond, et un ciel bien délimité par un trait bien bleu. Le soir, ils rentrent chez eux, et on ne veut pas savoir.
Il ne me restait qu'une chose a faire : partir.
Part 12 - On The Water...
Toute les bonnes choses ont une fin, et Siem Reap, a la longue, deprime plus qu'Angkor ne régénére. C'est juste une ville plantée la pour accueillir les touristes qui viennent voir le site, avec son lot d'attractions déprimantes.
J'allais donc prendre le bateau pour Phnom Penh, la capitale. Quand je dis "prendre"le bateau, il serait plus judicieux de dire, "risquer" le bateau. Ce qui aurait du me mettre la puce a l'oreille, c'est cette décharge qu'ils nous ont fait signer avant de monter sur l'embarcation et qui les protégeait de toute poursuite si jamais il se passait la moindre chose a bord (en l'occurence, par dessus bord n'était pas une option a rejeter). Le coté positif, c'est que le bateau est plus rapide que le bus / pick up (terminologie incertaine, véhicule indescriptible). Le coté négatif se fait connaitre assez vite si on a mangé juste avant d'embarquer. L'eau est paisible pourtant, puisque c'est un lac qui rejoint les deux villes. C'est juste qu'il est difficile de faire confiance au capitaine. Il fait sombre, on n'y voit goutte, des troncs d'arbres tendance sequoia plus que laurier jonchent le parcours et j'ai beau chercher, je ne vois pas les caméras qui tentent d'immortaliser ce nouveau record du monde de vitesse.
J'allais donc prendre le bateau pour Phnom Penh, la capitale. Quand je dis "prendre"le bateau, il serait plus judicieux de dire, "risquer" le bateau. Ce qui aurait du me mettre la puce a l'oreille, c'est cette décharge qu'ils nous ont fait signer avant de monter sur l'embarcation et qui les protégeait de toute poursuite si jamais il se passait la moindre chose a bord (en l'occurence, par dessus bord n'était pas une option a rejeter). Le coté positif, c'est que le bateau est plus rapide que le bus / pick up (terminologie incertaine, véhicule indescriptible). Le coté négatif se fait connaitre assez vite si on a mangé juste avant d'embarquer. L'eau est paisible pourtant, puisque c'est un lac qui rejoint les deux villes. C'est juste qu'il est difficile de faire confiance au capitaine. Il fait sombre, on n'y voit goutte, des troncs d'arbres tendance sequoia plus que laurier jonchent le parcours et j'ai beau chercher, je ne vois pas les caméras qui tentent d'immortaliser ce nouveau record du monde de vitesse.
Part 11 - Encore
Angkor ! Pour le coup, juste pour l'occasion, je ne peux m'empecher de faire une pause dans mon cynisme. Angkor n'en mérite aucun. C'est tout simplement a vous couper le souffle. C'est majestueux, impressionnant, apaisant. Beau. Grand. Zen. Parfait pour un paresseux !
Il faut bien plusieurs jours pour espérer commencer a en apprécier l'immensité. Une fois les premiers jours passés avec un guide a dos de moto (louer un vélo est une énorme erreur : les temples s'éparpillent sur plusieurs dizaines de kilometres et ici aussi, le duo 35 degres - 95% d'humidité sévit), en voyageant de temple en temple, le vrai bonheur du paresseux consiste a élir son temple préféré pour la journée et a s'y égarer pour y dormir et lire (c'est regrettable, mais il est absolument impossible d'obtenir de TV sur place).
J'ai pour regle de base quand je voyage d'apprendre un minimum de mots locaux histoire d'avoir un semblant de communication complice. "Bonjour", "Merci", "Au revoir"...ce genre de choses. Rien de bien utile pour faire impression lors d'un diner de sous préfecture. Mais surtout j'apprends les chiffres. Ils sont essentiels. Ne serait ce que pour négocier sur les marchés. Il faut savoir que sur les marchés, il y a cinq sortes de prix quel que soit le pays d'Asie du Sud Est ou l'on se trouve. Dans l'ordre croissant : le prix pour les locaux, le prix négocié en langue locale, le prix négocié en anglais, le prix non négocié et le prix américain.
Sur place, je me suis fait un ami au nom d'écureuil : Tak, un petit garcon cambodgien qui vend des babioles a l'entrée des temples. Nous avons fait un pacte : je lui apprends a compter en francais et lui m'apprend a le faire en cambodgien. C'est d'ailleurs bien étrange leur facon de compter selon une base cinq. Le huit par exemple se dit "cinq-trois". Mais je ne crois pas qu'aucun pays puisse offrir quelque chose de plus irrationnel que notre "quatre-vingts" sorti de nul part !
Ce qui a surtout fasciné Tak, ce ne sont pas les chiffres. C'est mon frisbee. Je ne le quitte jamais. C'est un outil de socialisation fort, surtout aupres des populations de 5-10 ans. J'avais entendu ce canadien baroudeur devant l'éternel parler de ses périples et dire qu'il y avait 3 objets inutiles et par conséquent indispensables qui ne le quittaient jamais durant ses voyages : un frisbee, un harmonica, un dictaphone. Pour le bonheur des personnes que je rencontre et surtout celui de leurs oreilles, j'ai mis de coté l'idée de l'harmonica. Quant au dictaphone, les appareils photos de nos jours prennent des films d'une qualité plus qu'honorable. On a l'image en plus du son. Deux pour le prix d'un. Raisonnment d'un paresseux. Je me contente de l'appareil photos.
Il faut bien plusieurs jours pour espérer commencer a en apprécier l'immensité. Une fois les premiers jours passés avec un guide a dos de moto (louer un vélo est une énorme erreur : les temples s'éparpillent sur plusieurs dizaines de kilometres et ici aussi, le duo 35 degres - 95% d'humidité sévit), en voyageant de temple en temple, le vrai bonheur du paresseux consiste a élir son temple préféré pour la journée et a s'y égarer pour y dormir et lire (c'est regrettable, mais il est absolument impossible d'obtenir de TV sur place).
J'ai pour regle de base quand je voyage d'apprendre un minimum de mots locaux histoire d'avoir un semblant de communication complice. "Bonjour", "Merci", "Au revoir"...ce genre de choses. Rien de bien utile pour faire impression lors d'un diner de sous préfecture. Mais surtout j'apprends les chiffres. Ils sont essentiels. Ne serait ce que pour négocier sur les marchés. Il faut savoir que sur les marchés, il y a cinq sortes de prix quel que soit le pays d'Asie du Sud Est ou l'on se trouve. Dans l'ordre croissant : le prix pour les locaux, le prix négocié en langue locale, le prix négocié en anglais, le prix non négocié et le prix américain.
Sur place, je me suis fait un ami au nom d'écureuil : Tak, un petit garcon cambodgien qui vend des babioles a l'entrée des temples. Nous avons fait un pacte : je lui apprends a compter en francais et lui m'apprend a le faire en cambodgien. C'est d'ailleurs bien étrange leur facon de compter selon une base cinq. Le huit par exemple se dit "cinq-trois". Mais je ne crois pas qu'aucun pays puisse offrir quelque chose de plus irrationnel que notre "quatre-vingts" sorti de nul part !
Ce qui a surtout fasciné Tak, ce ne sont pas les chiffres. C'est mon frisbee. Je ne le quitte jamais. C'est un outil de socialisation fort, surtout aupres des populations de 5-10 ans. J'avais entendu ce canadien baroudeur devant l'éternel parler de ses périples et dire qu'il y avait 3 objets inutiles et par conséquent indispensables qui ne le quittaient jamais durant ses voyages : un frisbee, un harmonica, un dictaphone. Pour le bonheur des personnes que je rencontre et surtout celui de leurs oreilles, j'ai mis de coté l'idée de l'harmonica. Quant au dictaphone, les appareils photos de nos jours prennent des films d'une qualité plus qu'honorable. On a l'image en plus du son. Deux pour le prix d'un. Raisonnment d'un paresseux. Je me contente de l'appareil photos.
Part 10 - On The Road...
La fuite étant un art dans lequel j'excelle, au sens propre comme au sens figuré, je n'avais aucun probleme, apres une nuit blanche passée a Khao San Road a jouer a cache cache avec des cafards élevés a Tchernobyl (entre parenthese, jouer a cache cache avec eux est loin d'etre un jeu d'enfants dans une chambre qui fait quatre metres carres), pour monter dans le premier bus venu, destination...la premiere destination venue. A savoir, le Cambodge, et tout particulierement Siem Reap, a deux pas du fameux site d'Angkor.
Imaginez une autoroute en France de nos jours, vous aurez une idée des routes en Thailande. Maintenant imaginez cette meme autoroute au 14e siecle, toujours en France (si, si, faites un effort...). C'est ce que vous trouverez une fois la frontiere Cambodgienne passée. 200 kilometres séparent la frontiere de Siem Reap, mais le Cambodge est un de ces pays ou le metre est une unité absolument inappropriée. Ce qu'il convient de dire par conséquent, c'est que 15 heures séparent la frontiere Thailande / Cambodge de Siem Reap.
Nouveau jeu : imaginez une douzaine d'oeufs dans une boite de 24. Facile. Vous l'aurez peut etre deviné, il s'agit des transports en bus en Thailande. Maintenant, si vous parvenez a visualiser une douzaine d'oeufs dans une boite de 6, c'est que 1) vous avez une bonne imagination et 2) vous avez une vague idée de ce que sont les transports en pick up au Cambodge.
La métaphore pascale a trouvé sa source du trajet lui meme. A douze dans un pick up pour six, il était bien normal de s'arreter pour prendre un Judas autostoppeur en chemin. Ledit Judas étant une jeune fille égarée le long de la "route", sa mobilette visiblement dans le piteux état que son apparence laissait deviner (les apparences ne veulent souvent rien dire pourtant dans ce pays). Elle se rend au marché de Siem Reap pour vendre ses oiseaux multicolores contenus dans deux énormes cartons posés l'un sur l'autre. A l'arrivée, magie de la proximité, la moitié des poussins s'est transformée en omelette !
Imaginez une autoroute en France de nos jours, vous aurez une idée des routes en Thailande. Maintenant imaginez cette meme autoroute au 14e siecle, toujours en France (si, si, faites un effort...). C'est ce que vous trouverez une fois la frontiere Cambodgienne passée. 200 kilometres séparent la frontiere de Siem Reap, mais le Cambodge est un de ces pays ou le metre est une unité absolument inappropriée. Ce qu'il convient de dire par conséquent, c'est que 15 heures séparent la frontiere Thailande / Cambodge de Siem Reap.
Nouveau jeu : imaginez une douzaine d'oeufs dans une boite de 24. Facile. Vous l'aurez peut etre deviné, il s'agit des transports en bus en Thailande. Maintenant, si vous parvenez a visualiser une douzaine d'oeufs dans une boite de 6, c'est que 1) vous avez une bonne imagination et 2) vous avez une vague idée de ce que sont les transports en pick up au Cambodge.
La métaphore pascale a trouvé sa source du trajet lui meme. A douze dans un pick up pour six, il était bien normal de s'arreter pour prendre un Judas autostoppeur en chemin. Ledit Judas étant une jeune fille égarée le long de la "route", sa mobilette visiblement dans le piteux état que son apparence laissait deviner (les apparences ne veulent souvent rien dire pourtant dans ce pays). Elle se rend au marché de Siem Reap pour vendre ses oiseaux multicolores contenus dans deux énormes cartons posés l'un sur l'autre. A l'arrivée, magie de la proximité, la moitié des poussins s'est transformée en omelette !
Part 9 - Bang ! Coq
Ah ! Bangkok ! Ville si accueillante s'il en est, aux couleurs chatoyantes (comprendre 35 degres), a l'air si particulier (pollution vertigineuse), ou on se sent bien dans sa peau (taux d'humidité qui doit avoisiner les 95%), ou l'on est accueilli a bras ouvert par une population locale tres serviable (pickpocket) et souriante (harcelement), ou la communaute "d'expats" le long de Khao San Road est un ravissement des yeux (baba cools soixante huitards), des oreilles (baba cools soixante huitards) et des narines (baba cools soixante huitards) quand elle n'essaie pas de nouer un lien culturel avec la population locale (tourisme sexuel). Un pur regal.
Mais avant tout, Bangkok, on est paresseux ou on ne l'est pas, est sensée etre le paradis des massages ! Et la, je pense que mon inconscient a du jouer pleinement dans le choix de la destination. Oubliant les petits desagrements d'une ville qui n'est décidément pas faite pour moi, je décidai donc d'enqueter sur cet aspect on ne peut plus adapté a mon profile, a priori. Je dis bien a priori, l'activité consistant, on est d'accord, a rester allongé une bonne demie heure pendant qu'une jolie jeune fille - seins nus de préférence - prend soin de votre corps. Comment rever activité plus adequate ? Bon. Forcément, la jolie jeune fille en question a des poils et s appelle Robert. Le massage de Robert tient plus de la torture Pol Potienne que du délicat bouleversement des sens. Quant aux seins nus...oublions les seins nus je vous prie...
Fier de ces enseignements riches en matiere de ce que je n'aime pas, je prenai ce qui me semblait etre une sage décision, a savoir, la fuite. C'est mon expérience avec Robert qui décida de la destination suivante...
Mais avant tout, Bangkok, on est paresseux ou on ne l'est pas, est sensée etre le paradis des massages ! Et la, je pense que mon inconscient a du jouer pleinement dans le choix de la destination. Oubliant les petits desagrements d'une ville qui n'est décidément pas faite pour moi, je décidai donc d'enqueter sur cet aspect on ne peut plus adapté a mon profile, a priori. Je dis bien a priori, l'activité consistant, on est d'accord, a rester allongé une bonne demie heure pendant qu'une jolie jeune fille - seins nus de préférence - prend soin de votre corps. Comment rever activité plus adequate ? Bon. Forcément, la jolie jeune fille en question a des poils et s appelle Robert. Le massage de Robert tient plus de la torture Pol Potienne que du délicat bouleversement des sens. Quant aux seins nus...oublions les seins nus je vous prie...
Fier de ces enseignements riches en matiere de ce que je n'aime pas, je prenai ce qui me semblait etre une sage décision, a savoir, la fuite. C'est mon expérience avec Robert qui décida de la destination suivante...
Tuesday, December 16, 2008
Part 8 - Voyager
C'est comme ca que m'est venue l'idée de voyager. Par défaut. Et puis peut etre cela allait-il me permettre d'oublier ma peine. J'étais encore amerement affecté par ma rupture d'avec la Princesse de Lettonie (Lituanie ? C'était quand meme plus simple a l'époque de l'URSS...).
Me voila donc dans l'avion. Question : quel vol partant de Paris présente le meilleur ratio kilometres/prix ? Personnellement, si je n'en ai absolument aucune idée, je me suis dit que Bangkok devait etre assez haut sur la liste. Ah oui. C'est quelque chose que je dois vous dire : j'aime bien les listes...c'est un truc de paresseux. Ca permet d'aller plus vite et de gagner du temps. C'est crucial quand on en gache autant... le Petit Prince passerait ce temps gagné a marcher vers une fontaine, si je me souviens bien. Admettons. Je suis plus ambitieux : je dors.
Me voila donc dans l'avion. Question : quel vol partant de Paris présente le meilleur ratio kilometres/prix ? Personnellement, si je n'en ai absolument aucune idée, je me suis dit que Bangkok devait etre assez haut sur la liste. Ah oui. C'est quelque chose que je dois vous dire : j'aime bien les listes...c'est un truc de paresseux. Ca permet d'aller plus vite et de gagner du temps. C'est crucial quand on en gache autant... le Petit Prince passerait ce temps gagné a marcher vers une fontaine, si je me souviens bien. Admettons. Je suis plus ambitieux : je dors.
Part 6 - Femme
L'héritage n'étant pas une option, la premiere idée "réaliste" qui s'offre a moi est aussi la plus simple et la plus commune (nous vivons dans un monde qui est ce qui est...). Elle a traversé l'esprit de beaucoup d'entre nous pour si peu d'élus. Elle consiste a trouver une femme riche et a l'épouser. Diaboliquement efficace. A ce détail pres que dans l'aspect pratique, cela ne se réalise pas aussi facilement que cela s'énonce. Le probleme principal auquel je me suis confronté étant que je suis né quelques siecles trop tard. A l'époque des perruques (il ne peut pas y avoir que des avantages...), la femme n'avait pas son mot a dire. Aujourd'hui, on peut regretter la perte de certaines traditions. Bref, si la piste de la femme riche est séduisante, elle ne dépend hélas pas que de moi. Et puis il faut aussi parvenir a la rencontrer, la femme riche. Ce n'est pas une quete aisee. La bete a tendance a rester terree dans son luxe, protegee par une miriade de gardes du corps. Allez lui demander sa main dans ces conditions. Je vous promets que ce n'est pas facile. C'est comme cette fois avec je ne sais plus quelle Princesse de Lituanie. Quand je me suis jeté a ses pieds avec en tete de lui faire ma demande, deux problemes ce sont posés a moi : mon russe était inexistant, contrairement a ses gardes du corps. Depuis, j'ai décidé d'apprendre a dire "Voulez vous m'épouser" en 38 langues et surtout de faire connaissance avec les gardes du corps avant de faire connaissance avec la Princesse, ou du moins, je vais arreter de le faire simultanement.
Part 5 - Héritage
La premiere idée qui vient pour mener un train de vie raisonnable sans avoir a travailler, c'est évidemment d'hériter. Malheureusement, je ne suis pas suffisamment bien né. Non que j'ai a me plaindre de quoi que ce soit. Au contraire, éducation parfaite (qui confirme donc que mon penchant pour la paresse doit venir des genes et non de mon environnement...), amour débordant juste comme il faut, des beaux principes (nous sommes tous égaux), des belles valeurs (l'égalité), un grand frere (annihilation totale des beaux principes et des belles valeurs). D'ailleurs, ce grand frere, c'est un probleme supplémentaire et non des moindres pour la théorie de l'héritage... Bref, un cadre sain et épanouissant. Mais a tendance bourgeois boheme : y'a des sous dans la famille, mais pas assez pour la carriere de rentier a laquelle j'aspire.
Part 4 - "Optimiser" ?
OK, je suis paresseux. Admettons. La question qui se pose donc a moi, et a ceux de mon espece, est donc la suivante : comment "optimiser" ? Pas mal, ca, comme mot, "optimiser", pour un paresseux... mais c'est logique. Qui dit paresseux ne dit pas dénué de reflexion. En effet, j'ai, comme tout le monde, un certain quota de temps actif a ma disposition. Il se trouve que la ou la plupart des gens décide d'occuper ce quota de temps actif au travail, je reste encore hermétique au concept. En revanche, étrangement, j'ai les memes besoins que tout le monde, a savoir, un penchant standard de capitaliste occidental pour ce que nous appelons le confort minimum : une chambre avec vue (quelle que soit la ville, quelle que soit la vue), une TV (meilleure amie du paresseux), le foie gras a noel, du bon vin dans la cave (bien evidemment, une cave...), une enorme bibliotheque (ca vient juste apres la TV...), un pot de nutella familial, et tout ce genre de choses absolument indispensables. Par conséquent, pour ajuster les revenus d'une charge de travail plus que relative, au niveau de vie auquel j'aspire, "optimiser" est mon seul recourt. En quoi ca consiste ? Si seulement je le savais. Les 35 heures en France, a n'en pas douter sont un confort et une avancée notable pour mon cas. Mais il me reste toujours 35 heures de travail a effectuer pour rentrer dans les cases. Quelqu'un ? Une idée ?
Monday, December 15, 2008
Part 3 - Snowy
Non. C'est faux. Enfin je crois. “Paresseux” n'est pas le terme. Je suis “capable”. J'ai plein de bonne volonté. Et chroniquement des projets que je mene (parfois) a terme. C'est juste que... je ne sais pas. Il y a ce petit diable dans ma tete, le meme que Milou qui a le choix entre sauver Tintin ou ramasser l'os. Sauf que j'ai souvent tendance a me pencher pour l'os. Allez comprendre. C'est bien la preuve que c'est génétique si on n'arrive pas a expliquer, non ?
Part 2 - Poil
J'ai des projets. Des intentions. De la volonté. Un paquet d'idées. Quelque chose que l'on pourrait rapprocher sinon a de l'ambition, du moins a de l'esprit de compétition. Mais avant tout, j'ai un énorme poil dans la main. Comment on s'en sort ? Aucune idée. Personnellement, je fais avec. Et c'est déja un bel effort.
Part 1 - Narcoleptique
Longtemps j'ai cru que j'aurais pu etre narcoleptique. Ca sonnait bien. “Narcoleptique”. Ca m'aurait rassuré. J'aurais trouvé une excuse. Malheureusement, petit a petit, il m'a fallu me rendre a la cruelle évidence. Il n'en était rien.
Je suis donc né paresseux. A ceux qui diraient qu'on ne nait pas, que l'on devient paresseux, je dirais que c'est bien probable, mais que ce n'est pas fait pour me rassurer. Je suis donc né paresseux disais-je. Je me suis fait une raison. La vie d'un paresseux n'est pas sensiblement différente de celle de son voisin. C'est juste qu'il lui faudrait vivre deux cents ans de plus pour la remplir autant que celle de son voisin.
J'ai trente ans, je suis paresseux et j'ai décidé, périlleux programme, de vous raconter mon histoire. Ou du moins, une histoire.
Attendez. Un instant...
“Hey ! Greg ! T'as pensé a prendre ta Wii ? Cool !”
J'ai trente ans, je suis paresseux et je ne vais pas tarder a vous raconter une histoire.
Je suis donc né paresseux. A ceux qui diraient qu'on ne nait pas, que l'on devient paresseux, je dirais que c'est bien probable, mais que ce n'est pas fait pour me rassurer. Je suis donc né paresseux disais-je. Je me suis fait une raison. La vie d'un paresseux n'est pas sensiblement différente de celle de son voisin. C'est juste qu'il lui faudrait vivre deux cents ans de plus pour la remplir autant que celle de son voisin.
J'ai trente ans, je suis paresseux et j'ai décidé, périlleux programme, de vous raconter mon histoire. Ou du moins, une histoire.
Attendez. Un instant...
“Hey ! Greg ! T'as pensé a prendre ta Wii ? Cool !”
J'ai trente ans, je suis paresseux et je ne vais pas tarder a vous raconter une histoire.
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